On y était !
Le Tikno Swingtette
Café de la soie
Place Bertone
Croix Rousse 18h30
Organisée par la compagnie Art R Natif
Performance théâtrale de la Compagnie Art R Natif
Maxime DAUPHIN : Guitare
Nicole FAVIER LARDANCHET : Contrebasse
Stéphane GINER : Violon
Lucas MULLER : Guitare
Judy RANKIN : Guitare rythmique
Art R Natif : Léa Barbier Alice Glandier Victor Lassus Claire Lestien Elsa Marquaire Pauline Rollet Exposants : Simon photographe (reportage en Turquie), Charlotte peintre
Art R Natif. Une troupe de comédiens qui a
le rythme dans la peau, « t'es rock coco », une jeunesse exaltée,
une expression dynamique et inventive que l'on ne peut désormais ni nier, ni
désavouer. En parfaite harmonie avec l'espace et l'environnement, les
spectateurs sont restés abasourdis ce 22 janvier 2012 à l’angle du 5 de la
place Bertone lors de cette improvisation théâtrale organisée à l’occasion de
la sortie d’un nouveau fanzine local diffusé sur le plateau de la croix-rousse.
De la comédie musicale au monologue, du chant à la « criardise », du
vocable à l’instrument, la troupe Art R Natif possède un accordéon de jeux qui
s'adaptent à toutes les situations, à tous les lieux, à tous les genres, qui triturent, qui résonnent appelant
les méninges et les générations à s’unifier.
17h30. La place est calme. Un « R » suivi de « T’es Rock coco » barre la devanture du 5 de la place Bertone. Un R comme un air de déjà vu, de déjà fait, de suranné. On ne sait plus où flâner ce dimanche un peu maussade entre les rendez-vous réguliers du 8 de la rue de Nuits et ceux du 2 de la place Bertone. Entre Jazz et Samba, les cœurs balancent, une foule fluctue, se dandine, se tâte...... A 18h, en simple badaud, on circule de l’un à l’autre, le 2 est bondé, le 5 aux aguets. Le rock s’affiche mais tarde à se montrer. On attend. Quelques musiciens s’installent et minaudent. On passe. Trois guitares, un violon, une contrebasse. Un peu de Jazz, un monde qui aspire. Les notes s’inspirent. Un swing pulsé. Des lampions, des photos ; des guerres aux guinguettes, des causes aux effets, le café s’imprègne d’une mélancolie amère aux couleurs d’un sang sanctifié qu’une mémoire sélective épure, tandis qu’une musique égaie. Tikno Swingtette nous invite à balayer la morosité d'un passé dont chacun connaît les résurgences. Un quintet, cinq solistes au milieu d’une programmation muette et ambigüe qui ne sert qu’à dérouter. La troupe s’échauffe. On se balade, on sirote. On papote. On se détend. On se baigne, on se noie. Une mélodie douce et harmonieuse. Django et sa virtuosité. Les initiés s’attablent. On apprécie les volutes sublimes d’une ballade musicale qui contamine ; une pompe vive et généreuse amorce la horde furieuse de deux donzelles débraillées au look d’enfer qui chevauchent le bar et vocifèrent. La salle grossit, les yeux s’arrondissent. L’expression se livre et s’active. « Qui est rock ? » Tout le monde rocke . Un monde rocke « in bed the blues »…arrache les mots aux timides qui balbutient des onomatopées syncopées espérant naïvement suivre le rythme endiablé d’une cadence emprunt à l’inconscience qui titillent les réfractaires, les solitaires. On se révolte. On rit. On s’interroge, on se regarde. De jeux en poésie, Woodstock renaît entre deux actes, entre deux sets d’un groupe symbiotique qui souligne les pulsations d'une tragédie comique performante exaspérante d’ingéniosité. C’était un dimanche comme tous les dimanches. Entre le 8 et le 2 de la place Bertone. Un dimanche où il faisait gris sur une place ensoleillée. « Nous créons et transmettons l’art que nous pratiquons » dit sereinement le maître de la cérémonie. Une rébellion, une phrase clef qui prolonge un mouvement qui rassemble, un mouvement qui ressemble, une envie qui génère, en un mot, un esprit téméraire et audacieux que l’on suit. Une inspiration baudelairienne et desprogienne ; une inspiration espiègle, fine et facétieuse que Victor Lassus met en scène promptement avec Claire Lestien et les autres membres de sa compagnie, une troupe prometteuse qui fait non seulement merveille sur scène, mais sur les ondes tous les mercredis, dans l’émission Echec et Glutamat de Radio Canut. Que dire sans être élogieux, promoteur ou partial ? Une troupe aguerrie, une énergie spontanée, volontaire et ambitieuse autour de laquelle virevoltent les peintres, les photographes, les musiciens et bien d’autres artistes qu’un fanzine désormais diffuse, confond et révèle gratuitement chaque trimestre, tout en signant un R inversé, un nouvel air, d’un temps solidaire et décalé.
AGC
____________Le noël de Môrisse 17 Décembre 2011 : Une première rencontre difficile avec un public non averti. Une cacophonie ambiante, des spectateurs peu enclins à la poésie, un lieu inapproprié ou un thème mal abordé ? La soirée a laissé bon nombre de spectateurs dépourvus face à cet étrange inconnu aux oreilles tombantes dont la voix fluette n’encourageait pas l’écoute et la considération. Môrisse est-il resté un artiste compositeur et interprète de ses propres textes et de sa musique, incompris ? Un monde imaginaire qui draine le réel oubliant l’illusion ou inversement ; au bout de quelques minutes, le jugement était sévère. La sanction était claire.
Le souffle des prairies, un soufflet.
Décontenancé, poli, Môrisse n’a pas eu la répartie nécessaire qu’il use, nous a-t-on dit, avec habilité avec les jeunes du quartier ; la rue est peut-être plus réceptive à la nostalgie d’un temps, au décalage temporel qui exulte de ce personnage insolite, dont la physionomie a ravivé pourtant quelques mémoires. Qui n’a pas connu ou entrevu en effet l’image d’un grand-père issu de la campagne, ne vivant quasiment de rien, ou se satisfaisant d’une vie simple et des richesses de la terre ? Un grand-père dont l’humilité ne saurait être une raison de vivre mais une raison d’être.
Après une demi-heure de lutte, de glissades rocambolesques, de fausses chutes, de dialogue ou d’abandon, quelques images, quelques silences, l’émotion ou la compassion a néanmoins saisi la brèche du cœur. C’est en passant le seuil de la porte pour l’avant-dernière fois, au milieu de la performance, avec cette démarche mal aisée, fatiguée, usée par le temps que jaillit brusquement ce pincement au cœur, cette impression d’être passé à côté, d’avoir oublié, de n'avoir pas su ou de ne plus savoir apprécier ces quelques douceurs de la nature si proches et si lointaines que Môrisse pour un noël, une vie, a tenté de nous faire partager avec un succès mitigé mais un succès salué, un courage qui mérite non seulement le respect mais ouvre la réflexion sur cette question : est-on encore capable d’entrevoir la simplicité, la beauté d’un monde qui défile, un monde qui est passé sous nos yeux sans crier gare, un monde disparu ou s'effaçant au profit d’images subversives et séductrices, un monde aussi sinon plus naturel qu’un graffiti sur un mur ou une page de magazine ? On se rend compte du changement qui nous atteint. La première approche était chaotique certes, mais efficace. La neige, les racines enchevêtrées, les chemins infinis, les illuminations célestes, le regard de la faune et de la flore.
Merci Môrisse et à bientôt... tu es parti comme tu es arrivé amusé et amusant derrière ton faciès dépourvu de méchanceté, de malveillance. Nous pouvons désormais répondre à cette question : qui est Môrisse ? Un compositeur, un musicien, un honnête homme qui ne cherche pas à convaincre juste à être là et faire partager des instants inoubliables, des images de nos montagnes, de nos campagnes désolées qui resteront grâce à toi gravées à jamais dans nos cœurs, dans les mirettes de nos pupilles d’illuminés.
AGC
_______Soirée de lancement de la revue 9 Octobre 2011:
UNICUM ORCHESTRA
Leur talent n’est plus à prouver. Artistes croix-roussiens de coeur, ce fut avec le plus grand plaisir et surtout avec une émotion poignante que l’équipe de la revue «Les Autres» a reçu lors de la soirée de lancement au Café de la Soie, le 9 octobre le groupe «Unicum Orchestra». Une musique entrainante et festive qui s’accommode des ambiances intimistes des rues, des comptoirs, des guinguettes et bientôt des lumières de la scène. Une présence non seulement saluée mais reconnaissable et reconnue qui côtoiera bientôt les «têtes d’affiche» du festival Gypsy 2012.
Un son de fanfare au goût insaisissable et mélodieux. Clarinette, accordéon, saxophone...Une musique du monde, une musique de l’âme qui donne des frissons, qui oblige les popotins les plus réfractaires à se trémousser, à se balancer, et bannir le mot timidité... en un mot «se lâcher». Nul n’est besoin de les comparer ou de les encenser, ils sont désormais une référence à vos yeux. AGC |
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